Septembre, nettoyage depuis le fleuve.

CD 92 Information programme nettoyage bergesNettoyage prévu des berges avec le bateau spécial du CG92, le Belenos : ramassage des déchets flottants et des encombrements amassés le long des berges.
Envoyez à partir du 20 août prochain vos photos des zones à nettoyer proches de vos bateaux que nous regrouperons pour que le Belenos puisse optimiser sa tournée de nettoyage début septembre.

« Berges Saines » le 3 juin

Berges SainesL’association «La Seine en Partage» organise depuis cinq ans, l’opération «Berges Saines» qui consiste à mobiliser les riverains de la Seine pour qu’ils nettoient leurs berges de tous les détritus que des inconscients malfaisants y ont abandonnés au cours de l’année.
Cette année,  les berges de Boulogne-Billancourt sont inscrites au nombre des berges à nettoyer. Des bénévoles vont donc parcourir nos berges vendredi 3 juin pour leur redonner leur beauté d’antan.
Ne vous étonnez donc pas de voir ces passionnés de la sauvegarde de la nature et des paysages devant vos péniches ce jour-là.
Merci de leur réserver le meilleur accueil.

L’île Seguin refait enfin surface

Ile Seguin en travauxUne cité musicale d’un côté, un pôle d’art contemporain de l’autre, la reconversion de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, prend forme. Mais il aura fallu vingt-deux ans après la fermeture de l’usine Renault pour imaginer un avenir à ce territoire mythique. L’illustration du mal qui ronge la France : un immobilisme entretenu par l’administration et les élus.

C’est un grand panneau qui prévient le visiteur à l’entrée de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt: «La phase chantier démarre.» À la pointe aval, des grues sont en pleine action. Une cité musicale, comportant une salle de spectacles de 4000 places, commence à sortir de terre. Les premiers concerts sont prévus pour fin 2016. À la pointe amont, le terrain est grillagé. Et tout est encore à l’abandon. Mais, dès l’été 2015, les travaux débuteront, pour construire un pôle d’art contemporain baptisé R4. Galeries d’art, halle d’expositions, salles des ventes… Cet ensemble devrait être ouvert au public fin 2017. Au centre de l’île, tout n’est pas encore réglé, car le PLU (plan local d’urbanisme) est attaqué devant la justice. Mais les habitants ont validé par référendum la construction d’une tour, d’un multiplexe cinémathographique Pathé et d’un grand jardin.Plan projet île Seguin
Il était temps que les travaux démarrent! L’usine Renault, qui a fait entrer l’île Seguin dans l’histoire, a fermé ses portes en mars 1992. Depuis, ce territoire mythique de 11,5 hectares, où l’on a produit des millions de 4CV ou de Supercinq, était devenu une vulgaire friche. Il aura donc fallu vingt-deux ans pour imaginer un avenir à ce lieu idéalement placé, sur la Seine, aux portes de Paris. De quoi désespérer Billancourt? En tout cas, un exemple illustrant la langueur qui s’est emparée de notre pays. «Sur l’île Seguin, on peut lire l’effacement de la France», souligne l’architecte Roland Castro.

Ces blocages sont apparus en pleine lumière lors d’un ratage spectaculaire: l’installation avortée de la Fondation Pinault. Fin 2000, François Pinault annonçait qu’il voulait créer sur l’île Seguin un musée où il présenterait sa collection d’art contemporain. Un projet à 150 millions d’euros que ce capitaine d’industrie s’engageait à financer sur sa propre cassette. Cinq ans plus tard, il jetait l’éponge et partait installer sa collection à Venise. La faute, selon lui, à l’administration française rongée par le cancer de la lenteur. «Le temps d’un projet culturel privé ne peut pas être celui d’un projet public, expliquait-il dans une tribune publiée dans Le Monde, en mai 2005. Le temps d’un entrepreneur, c’est celui de son existence, de son âge (…). Le temps d’une administration, c’est celui des procédures (…), d’une résignation face aux pesanteurs, aux mois qui s’ajoutent à des semestres pour aboutir à des années de retard.» Car, à force de dépollution du terrain qui a traîné en longueur, de retards dans la démolition de l’ancienne usine Renault, de recours contre le plan local d’urbanisme de Boulogne, l’ouverture de cette fondation d’art contemporain, prévue initialement en 2005, n’était plus possible avant 2009 ou 2010. Trop tard pour l’entrepreneur breton.

Mis en cause, Jean-Pierre Fourcade, qui était le maire de Boulogne de 1995 à 2008, contre-attaque: «La dépollution des terrains, qui a pris beaucoup de temps, nous a fait perdre un an et cette erreur m’est imputable, reconnaît l’ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Mais si François Pinault a renoncé, c’est aussi parce que sa famille était effrayée par le coût de l’opération sur l’île Seguin. D’ailleurs, à Venise, le Musée Pinault est plus petit que ce qui était prévu à Boulogne.» Des affirmations démenties très vigoureusement dans l’entourage du fondateur de PPR, devenu Kering, qui rend toujours l’administration et les élus locaux responsables de l’abandon du projet. «Jean-Pierre Fourcade n’a peut-être pas compris l’ampleur de ce projet, confie un proche de François Pinault. D’ailleurs, il est très rarement venu voir la maquette du musée.» L’absence d’atomes crochus entre le milliardaire autodidacte et l’élu énarque n’a pas, non plus, aidé ce dossier. «Ils ne se sont pas entendus, résume Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine. Il y a eu un choc culturel entre un grand serviteur de l’État et un entrepreneur.»

L’empilement des autorisations, la complexité des procédures, la multiplication des comités Théodule consultés sur tout et sur rien… Ces éléments ont plusieurs fois joué de mauvais tours à l’île Seguin. Le projet d’art contemporain baptisé R4 a bien failli ne jamais voir le jour. Obtenu en juillet 2013, son permis de construire a été attaqué en justice par des associations en novembre. De quoi décourager le porteur du projet, le groupe suisse Natural Le Coultre, car un tribunal administratif met facilement 18 mois avant de rendre une décision. Même si la justice tranchait en faveur du projet, cela retardait d’autant la livraison du bâtiment. Grâce à quelques concessions accordées aux associations, le dernier recours contre le permis de construire a été retiré début septembre 2014.

Mais si l’île Seguin est restée si longtemps un terrain vague, l’État n’y est pas pour rien. Il s’est désintéressé du sort de l’ex-forteresse ouvrière. «La priorité des pouvoirs publics, c’était le rééquilibrage de Paris à l’est, pas la reconversion de l’île Seguin», affirme Louis Schweitzer, le commissaire général à l’investissement, qui était le patron de Renault entre 1992 et 2005. À l’annonce de cette fermeture, en 1989, le premier ministre, Michel Rocard, avait promis de faire une OIN (opération d’intérêt national), un statut qui aurait permis d’éviter que ce bout de terre soit livré aux intérêts particuliers. Las, l’idée a été oubliée. Et, comme personne n’avait ce dossier en charge, tout le monde y est allé de son projet.

Un jour, l’île Seguin devait devenir une cité scientifique accueillant l’Inserm et l’Institut du cancer ; un autre, un jardin de sculptures ; le surlendemain, on parlait d’y installer des groupes comme Microsoft ou M6 ; une autre fois, d’y construire un musée de l’histoire de France. En 2000, l’architecte Jean Nouvel voulait même s’opposer à la démolition de l’usine désaffectée. «On a multiplié les colloques et les concours d’architectes, explique Roland Castro. Mais rien de concret n’est sorti de tout ça.»

Comme il n’y avait pas de chef d’orchestre désigné, chaque acteur du dossier a joué sa partition dans son coin. Renault, qui était propriétaire de l’île Seguin mais aussi d’autres terrains désaffectés environnants (notamment le quartier du Trapèze), a longtemps gardé le pied sur le frein. «Renault n’avait qu’un seul objectif: vendre les terrains le plus cher possible, raconte Thierry Solère, député UMP de Boulogne. Avec la crise immobilière des années 1990, qui a fait chuter les prix, le groupe a préféré garder ces fonciers au chaud.» Pour Jean-Pierre Fourcade, élu maire de Boulogne en 1995, l’île Seguin n’a pas été un dossier prioritaire. «Mon prédécesseur m’avait laissé une ville avec un énorme trou à la place du centre-ville, dit-il. Je me suis d’abord occupé de résoudre ce problème.»

Voilà pourquoi il ne s’est rien passé sur l’île Seguin au cours de la dernière décennie du XXe siècle. D’autant que, si Boulogne est toujours resté à droite, les maires se sont succédé sans discontinuer. Georges Gorse, Paul Graziani, Jean-Pierre Fourcade: il y en a eu trois en dix ans. Chacun avec sa vision du dossier. La situation s’est encore détériorée dans les années 2000 quand les deux prétendants à la mairie (le vieux lion, Jean-Pierre Fourcade, et le jeune premier, Pierre-Christophe Baguet) se sont déchirés sur la question. «Ils ont pris cette île en otage, affirme Jean Nouvel, chargé aujourd’hui de coordonner l’aménagement de ce lieu par la mairie de Boulogne. Tout projet proposé par l’un était systématiquement bloqué par l’autre.»

Ainsi, en 2000, Pierre-Christophe Baguet, alors premier adjoint au maire, a empêché la modification du POS (plan d’occupation des sols) de la ville proposée par Jean-Pierre Fourcade. Or c’était un préalable à la reconversion du site. Rebelote en 2008 quand le même Pierre-Christophe Baguet a battu Jean-Pierre Fourcade aux municipales et lui a succédé à la mairie. Son prédécesseur avait promis l’installation sur l’île Seguin de l’Inserm, d’une antenne d’une université new-yorkaise, de l’Institut national du cancer, d’un hôtel… rien ne s’est réalisé. «Ça ne s’est pas fait car tous ces projets se sont dégonflés, argumente Pierre-Christophe Baguet. L’université américaine, par exemple, a préféré rester dans Paris.» Le maire a préféré défendre les projets qui portent sa patte: la cité musicale, un projet financé par le conseil général des Hauts-de-Seine mais qui ne se serait pas fait si Boulogne n’avait pas cédé le terrain en 2010 pour un euro symbolique ; ou le centre d’art contemporain baptisé R4 que Baguet a soutenu depuis les premières esquisses, en 2011.

Il s’est aussi beaucoup investi pour aménager le centre de l’île. Mais avec des tournants à 180 degrés qui ont fait perdre plusieurs années. Pendant la campagne municipale de 2008, il défendait l’idée de garder un côté bucolique dans cette partie de l’île. Finalement, il a demandé à Jean Nouvel de concevoir un projet plus urbanisé avec cinq tours. «J’ai changé d’avis quand j’ai découvert que mon prédécesseur avait dépensé ou engagé 180 millions pour aménager l’île Seguin (achat du terrain, création d’un pont…), argumente Pierre-Christophe Baguet. J’ai donc défendu un projet susceptible de générer plus de recettes pour Boulogne.» Devant la bronca de la population, le maire a organisé, fin 2012, un référendum entre trois options toutes redessinées par Jean Nouvel. Et la population a opté pour un projet moins bétonné avec une seule tour.

Fin de l’histoire et début des travaux sur le centre de l’île? Que nenni. Des riverains ont attaqué en justice le plan local d’urbanisme adopté mi-2013. Tant que les juges ne l’auront pas jugé légal, la tour et le cinéma multiplexe ne sortiront pas de terre. «On n’est pas sortis de l’auberge», soupire Pierre-Christophe Baguet.

Par Jean-Yves Guerin
Le Figaro Immobilier – Lien vers l’article original

La Fête des Quais 2014 en images

AQBB 2014 (362)AQBB 2014 (379)AQBB 2014 (383)AQBB 2014 (169)Cette année la Fête des Quais s’est déroulée sur 2 jours, ce qui nous a permis d’accueillir plus de visiteurs et de curieux venus découvrir les animations nautiques, les expositions ou venus simplement profiter des rayons de soleil entre deux averses.

AQBB 2014 (186)AQBB 2014 (163)AQBB 2014 (122)AQBB 2014 (1)AQBB 2014 (14)AQBB 2014 (212)AQBB 2014 (33)AQBB 2014 (338)AQBB 2014 (352)AQBB 2014 (353)AQBB 2014 (64)AQBB 2014 (30)AQBB 2014 (387)AQBB 2014 (370)AQBB 2014 (369)AQBB 2014 (336)AQBB 2014 (367)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à toutes les équipes de la Mairie et à tous les adhérents de l’association qui ont permis que cette Fête soit un succès.

Des promenades sur l’eau, des croisières plus longues organisées avec l’Office du Tourisme de Boulogne-Billancourt pour découvrir toutes les berges de la ville, des animations pour les enfants, des expositions sur l’histoire des berges, de la musique, des buffets, des démonstrations de kayak, de stand-up paddle, une démonstration et des ateliers avec les équipes de la Croix-Rouge, un atelier enfants de fabrication d’objets flottants avec un concours à la clé, une tombola pour finir la journée le dimanche;

 

Un grand merci aussi aux professionnels, Espaces 92, Le Dock Flottant, Effort, … venus exposer leur matériel et participer activement à cette rencontre entre la Seine, ses habitants et tous les boulonnais.

Merci à tous, organisateurs et visiteurs et
RENDEZ-VOUS L’ANNÉE PROCHAINE !

Merci à Dorota pour toutes ses photos.

Quand la Seine débordera…

Seine

Deux études révèlent que l’Île-de-France est mal préparée à une crue de grande ampleur. 

La Seine va et vient. Actuellement, elle reflue sur les quais parisiens ; rive gauche, les marches amovibles au pied du musée d’Orsay vont être réinstallées après avoir été retirées le 12 novembre. De même, un tout nouvel équipement, une halle couverte, est en cours de montage sur cette promenade des voies sur berges : elle servira notamment pour le Téléthon la semaine prochaine. Quand le fleuve regonflera – sans doute à nouveau ces prochains jours –, ces équipements temporaires seront à nouveau démontés par la mairie de Paris (pour un coût de l’ordre de 50.000 euros à chaque fois). Lorsque le fleuve grossit puis rentre dans son lit, la référence à la « crue du siècle » (1910) surgit, et les Parisiens scrutent – à tort – le Zouave du pont de l’Alma : la célèbre statue a été déplacée et ne constitue plus un bon repère…

Cet automne, le spectre traditionnel de la crue centennale est étayé par deux études très sévères sur le manque de préparation de la région. Le Haut Comité français pour la défense civile (HCFDC) a tiré des conclusions suite à la gestion de crise de l’ouragan Sandy à New York, et décrit un « sous-dimensionnement inquiétant » du système de commandement en France. De son côté, l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, doit rendre un rapport le 24 janvier sur « la gestion des risques d’inondation sur le bassin de la Seine en Île-de-France ». Un prérapport laisse déjà filtrer certains résultats : une crue majeure de la Seine du type de celle de 1910 affecterait 5 millions de citoyens (presque un Francilien sur deux) et coûterait plus de 40 milliards d’euros ainsi qu’un à deux points de croissance. Or, selon les responsables de l’étude, il n’existe pas aujourd’hui de vision stratégique d’ensemble pour prévenir et limiter la catastrophe : le millefeuille administratif – ministères de l’Intérieur, de l’Écologie, collectivités locales, communes et aussi établissement public des grands lacs de Seine, situé en amont – induit des périmètres de responsabilités qui se chevauchent et ne sont pas forcément efficaces. « Il y a tellement d’acteurs, et des moyens disparates que tout s’empile, les villes ont du mal à coopérer », résume la géographe Magali Reghezza, auteure de Paris coule-t-il? en 2012.

En banlieue, les transports et l’électricité seront perturbés

En cas de crue exceptionnelle, la préfecture de police déclenchera un dispositif Orsec et coordonnera les actions. Mais « en matière de prévention, c’est-à-dire bien avant la survenue d’une telle catastrophe, il n’y a pas de pilote, un dysfonctionnement souligné par l’OCDE », estime l’universitaire.

La RATP ou la mairie de Paris ont établi des plans, une batterie de mesures à mettre en place au fur et à mesure que le niveau de l’eau de la Seine monte. « Dans la capitale, il faut relativiser les conclusions de l’OCDE. Nous sommes plutôt bien préparés, car nous essayons sans cesse d’anticiper tous les dommages qui pourraient survenir. Nous avons des systèmes de protection amovibles, des rehausses de parapets, des batardeaux qui devraient protéger la voirie », explique Éric Defretin, chargé de la gestion de crise à la direction de la prévention et de la protection de la mairie de Paris. « Mais, même si Paris n’est pas inondé, il peut y avoir des perturbations dans les transports en banlieue et des problèmes de distribution du courant électrique qui pourraient générer des dysfonctionnements de la ville dans sa globalité. »

La petite couronne est en effet moins bien protégée. Les murets anticrue y sont plus bas qu’à Paris, de 1,30 m à 1,50 m selon les endroits, et ne sont pas toujours bien entretenus. Cette « iniquité », selon les termes du prérapport, a une explication historique : les investissements ont été faits en fonction des dégâts occasionnés en 1910, alors que la banlieue était peu urbanisée. Depuis, des zones inondables ont été construites : 1.500 ha sur ces vingt dernières années. Bien souvent, le risque d’inondation n’est pas du tout pris en compte. Le projet de renouvellement du quartier des Ardoines et de la gare de Vitry dans le Val-de-Marne est l’un des rares à intégrer la survenue éventuelle d’une crue majeure dès sa conception. « Nous travaillons sur des pistes d’aménagement où l’on se met à la place des pompiers et de l’armée qui devront intervenir en cas de crise », décrit Marien Billard, chargé d’opération sur les ZAC des Ardoines, et de la conception résiliente. « On envisage de surélever la voirie de quelques dizaines de centimètres à un mètre selon les endroits, et de construire les rez-de-chaussée sur cette voierie rehaussée. En cas d’inondation, l’on pourrait toujours circuler. »

Une « anesthésie de la prise de conscience »

Pour le Haut Comité français pour la défense civile, comme pour l’OCDE, l’information des politiques, des entreprises – notamment les PME – et des citoyens est peu développée (il n’y a pas de campagne « signifiante » selon le HCFDC). L’organisme économique parle, lui, d’une « anesthésie de la prise de conscience » des risques dus à l’absence de crue majeure depuis près de soixante ans. « C’est le rôle de l’État, explique Corinne Rufet, vice-présidente du conseil régional chargée de l’environnement, nous agissons dans nos domaines de compétences, sur la biodiversité, l’aménagement du territoire, sur la préservation des zones humides. Mais l’information des populations est une mission régalienne. » Pour l’enseignante à l’École normale supérieure Magali Reghezza, « les municipales seraient le bon moment pour parler de ce que les pouvoirs politiques peuvent faire, des sommes à engager et de la gouvernance à l’échelle du Grand Paris ».

Des lacs pour limiter les dégâts

La crue de 1910 reste l’inondation la plus grave qu’ait connue Paris au XXe siècle. Ce janvier-là, douze arrondissements parisiens sont envahis par les flots, et une trentaine de villes de banlieue se retrouvent sous les eaux de la Seine pendant plusieurs semaines.

Une crue aussi spectaculaire et catastrophique se reproduit en moyenne une fois tous les cent ans. Pour limiter l’impact d’un tel événement, quatre lacs réservoirs ont été creusés en amont de Paris, entre 1950 et 1990. Ils permettent d’abaisser de 50 à 70 cm le niveau du fleuve en crue. L’établissement public territorial de bassin (EPTB) Seine Grands Lacs porte un projet de cinquième lac, plus petit : un « casier » dans la plaine de la Bassée en Seine-et-Marne, qui permettrait de stocker 10 millions de mètres cubes supplémentaires, afin d’abaisser encore le niveau d’une crue de 20 à 60 cm. Coût : 100 millions d’euros.

Marie-Anne Kleiber – Le Journal du Dimanche – Samedi 30 novembre 2013

Métro fermé, RER inondé, carburant rationné : quand la Seine débordera

SeineÇa ne sera pas pour cette fois-ci. La grande crue de la Seine ne se produira pas, sauf événement exceptionnel, en ce printemps 2013. Le fleuve, ce jeudi 9 mai, atteindra une cote de 3,40 mètres à Paris, soit un à deux mètres au-dessus de son étiage habituel. C’est suffisamment impressionnant pour garantir quelques gros titres, mais pas assez pour perturber la capitale. Certains tronçons des voies sur berges seront fermés à la circulation quelques heures, tout au plus quelques jours. On aura beaucoup joué à se faire peur.

Une dernière petite averse. Pour Magali Reghezza-Zitt, géographe et auteure de « Paris coule-t-il » (Fayard, 2012), ce n’est que partie remise. Pour elle, cela ne fait aucun doute (lire ici un article à propos de son livre). Seule la date est (évidemment) impossible à connaître. Un automne pluvieux dans le bassin de la Seine, des couches de neige accumulées qui fondent d’un seul coup, des pluies persistantes au printemps et… une dernière petite averse finiront par provoquer une crue centennale, comparable au fameux événement du début 1910, qui avait duré sept semaines (oui sept semaines, de la fin janvier à la mi-mars). La Seine atteindra les 6 ou les 7 mètres, voire 8,60 mètres (soit 34,60 mètres au-dessus du niveau de la mer) comme au début du siècle dernier. Cet hiver-là, car il y a de fortes chances que la crue se produise l’hiver, les infrastructures de la capitale seront durement touchées, et les transports en particulier. Rien à voir avec une fermeture temporaire des voies sur berges, un événement qui se produit environ deux fois par décennie.

Armée. « Une partie des voies d’accès à Paris, l’A4 ou l’A86, seront sous l’eau. Le carburant sera rationné et utilisé prioritairement pour les aéroports ou les groupes électrogènes alimentant les hôpitaux », explique la géographe, interviewée par téléphone mercredi 8 mai. Dans la capitale et sa proche banlieue, « il sera impossible de passer d’une rive à l’autre », poursuit-elle. Si les ponts ne seront pas inondés, les piles se trouveront sous l’eau. « Le passage, contrôlé par l’armée, sera donc interdit aux véhicules motorisés ». Il aura fallu, pendant la période de montée des eaux qui durera une dizaine de jours, « évacuer les parkings souterrains, causant sans doute de gros embouteillages, puis stocker les véhicules non loin de Paris, où ils seront surveillés », indique Mme Reghezza-Zitt.

Les stations de métro situées en zone inondée (un petit quart du territoire de la capitale) seront fermées lorsque la Seine atteindra 6,60 mètres. Le tunnel du RER C, qui longe le fleuve, sera volontairement mis en eau au même moment, afin de prévenir tout effondrement. Il faudra, en quelques jours, calfeutrer les bouches de métro. Au maximum de la catastrophe, « 41 stations seront fermées, et 140 kilomètres de ligne seront touchées, sur les 212 existants », signale l’auteure. Le matériel roulant aura été mis hors d’eau et les composants électroniques démontés. Des gares de Lyon et Saint-Lazare ne partira aucun train, et le RER A sera menacé, surtout en banlieue.

Eau noire. L’énergie constituera un bien précieux. Les coupures d’eau et d’électricité affecteront une part importante des Franciliens. Or, sans électricité, pas de métro, pas d’Internet, pas de téléphone portable, pas de digicode, pas d’Autolib’, pas de Vélib’. Il restera la marche à pied, de préférence sur des planches, « car l’eau, noire et contaminée, pourra cacher des trous laissés par les plaques d’égout qui auront sauté », prévient Mme Reghezza-Zitt. Et on se déplacera aussi à vélo ou à roller, en tous cas dans les zones maintenues au sec, « un peu comme lors des grèves de 1995 », précise la géographe.

Une future gare inondable. La crue parisienne ressemblera à celle qu’a connue New York au moment de l’ouragan Sandy, fin octobre 2012. Dans le sud de Manhattan, le métro ne fonctionnait pas, les magasins d’alimentation n’étaient pas approvisionnés, les habitants faisaient la queue pour recharger leurs appareils électroniques. En novembre dernier, un consultant, mandaté par les autorités françaises, a parcouru New York pour tirer les leçons de l’épisode Sandy. Il n’est toutefois pas certain, de ce côté-ci de l’Atlantique, que toutes les erreurs du passé soient prises en compte. Ainsi, le projet de Grand Paris Express (aussi appelé « Grand 8 » ou « supermétro ») prévoit une gare souterraine dans le quartier des Ardoines, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Si son implantation est confirmée, la nouvelle gare sera située « à 300 mètres du fleuve, dans une nappe phréatique », regrette Mme Reghezza-Zitt.

Précisions, à toutes fins utiles : Mme Reghezza-Zitt ne fait pas dans la plaisanterie. Agrégée et docteur en géographie, a effectué une thèse de quatre ans sur la crue de la Seine. J’avais lu son livre l’an dernier. Je l’ai rappelée ce 8 mai pour qu’elle livre son point de vue sur le phénomène en cours.

Enfin, les conséquences les plus graves, ce n’est pas pendant la crue, mais après, comme l’éprouveront ces habitants de Buchères (Aube), touchés par la crue de ces derniers jours.

08 mai 2013, par Olivier Razemon, sur Le Monde Blogs

La 1ère Fête des Quais de l’ AQBB

Des centaines de visiteurs venus entre amis ou en famille, un accord parfait et un soutien sans faille de la Mairie de Boulogne-Billancourt, un support de Ports de Paris, une équipe AQBB créative, motivée et souriante et surtout … du SOLEIL. Que demander de plus pour cette première Fête des Quais qui nous rapproche de notre Ville et de nos voisins.
Retrouvez ci-dessous quelques images souvenirs des bons moments de cette journée.

aqbb 2013 900Des ballades sur la Seine et des mini-croisières commentées pour découvrir Boulogne depuis le fleuve ; vous avez été plus de 350 à faire le voyage. Nos trois bateaux : le Charles Ashley (ci-dessus), canot de sauvetage anglais restauré par une association de passionnés, l’Agrion (ci-dessous à gauche), ponton canadien (catamaran en aluminium) affrêté par l’association Espaces 92 que nous remercions pour leur participation

2013-09-15 12.12.15et le Paris Yacht (ci-dessous à droite), une splendide vedette de 14 m avec un pont en teck digne des plus beaux yachts d’autrefois.

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Mais aussi des sorties en canoë kayak, 2013-09-15 14.09.07

des promenades en gondole pour tous les goûts et tous les âges avec les équipes de l’ACBB de l’Île de Monsieur.2013-09-15 15.24.19

Une fanfare pour une ambiance musicale familiale et bon enfant. IMG_2805

Des animations pour les enfants : matelotage, chamboule-tout et pêche à la ligne …IMG_2803 2013-09-15 14.43.07 IMG_2838

Des séances de relaxation, en plein air, au bord de l’eau et au soleil IMG_2819

et une tombola pour clôturer l’événement.2013-09-15 17.42.58

Une équipe de choc derrière les tartes, quiches, verrines et autres gourmandises cuisinées sur nos bateaux sans oublier les 10 litres de crêpe servies tout au long de la journée.IMG_2783 IMG_2906
Ci-dessous à gauche, une expo photo réalisée avec les archives de la Ville pour découvrir les transformations des berges depuis 100 ans.IMG_2873
Et la visite de M. Baguet, Maire de Boulogne-Billancourt, venu soutenir notre initiative.2013-09-15 16.48.49

Et quelques images insolites : une fanfare sur un bateau de sauvetage, un énorme vaisseau solaire de retour de son tour du monde et un visiteur mécontent qu’on ne le laisse pas jouer au chamboule-tout.2013-09-15 14.26.01IMG_2937

aqbb-2013-952Vos commentaires et suggestions sont les bienvenus pour faire de la prochaine Fête des Quais un nouveau succès.

À l’année prochaine.

Comment Paris se prépare à la crue du siècle

L’eau n’avait pas encore atteint sa cote historique lorsque l’électricité s’est soudain interrompue. Par précaution, 72 heures avant que la Seine ne déborde, ERDF a décidé de mettre hors service plusieurs distributeurs. Les immeubles ont brusquement été plongés dans le noir et les familles, privées de tout. Il n’y a plus de lumière, plus d’ascenseurs, de chauffage, d’électroménager, d’ordinateurs. Une eau saumâtre coule des robinets. Les écoles ont fermé. Un tiers de Paris est dans le noir, des dizaines de quartiers dans l’eau. Des immeubles menacent de s’effondrer.

A Paris, le 8 février.

Malgré les appels de la préfecture à quitter la ville, peu de Parisiens sont partis et ils sont désormais pris au piège. Les gares sont inondées et les transports publics paralysés. Une partie du RER, la majorité du métro sont noyés. Les ponts sont impraticables, les rues, le périphérique ne sont plus accessibles, de même qu’une partie des autoroutes. L’essence a, de toute façon, été rationnée.

Le grand hall de la gare d'Orsay, Paris (VIIème arr.), 1910. Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Le grand hall de la gare d’Orsay, Paris 7e, 1910. Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Crédits : © BHVP – Roger-Viollet

Photographies, manuscrits et archives, cartes postales, presse illustrée, publicités  : une exposition, en 2010, à la Galerie des bibliothèques à Paris, présentait plus de 200 documents, pour la plupart inédits, issus majoritairement des collections de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, qui témoignent de l’inondation de 1910 dans les rues de la capitale.

Ce scénario catastrophe d’une crue centennale, identique ou supérieure à la grande crue de référence de janvier 1910, la préfecture de Paris, la municipalité, l’Etat, les principaux organismes publics s’y préparent. Le 6 décembre, un exercice placé sous le nom de code « Evagglo » a eu lieu à grande échelle pour tester la réactivité des services concernés. Une équipe vient de partir à New York pour tirer les leçons de l’ouragan Sandy et confronter ce scénario à la réalité.

« Nous aurons une crue centennale. C’est une certitude. La seule inconnue, c’est quand ? La crue maximale durera entre dix et vingt jours, pendant lesquels on ne pourra rien faire, juste survivre. Le retour à la normale ne sera pas espéré avant quarante-cinq jours », assure Serge Garrigues, secrétaire général de la zone de défense de Paris, chargé de la protection des huit départements de la région francilienne.A Paris, le 8 février.

Paris ne sera pas la seule touchée. En Ile-de-France, 500 communes seront atteintes ; 870 000 personnes pourraient être directement inondées pendant six à huit semaines, 60 000 entreprises impactées, 63 000 emplois détruits. Au total, 4 à 5 millions d’habitants seront concernés dans la région, dont un million seront privés d’électricité et 1,5 million d’eau potable. Le coût de cette crue de Paris est évalué entre 20 et 40 milliards d’euros.

De grands chantiers ont pourtant été réalisés pour protéger Paris. Quatre grands réservoirs artificiels en amont de la capitale ont été mis en service entre 1950 et 1990, permettant de réguler le débit de la Seine et de la Marne et d’abaisser de 50 à 70 cm le niveau de la Seine en cas de crue. Le lit du fleuve a été creusé. La municipalité s’est équipée de parapets amovibles pour rehausser les murets sur tout le linéaire des berges.

PARIS PLUS VULNÉRABLE QU’EN 1910

« En principe, la voie publique parisienne est ainsi protégée jusqu’à une hauteur de 8,62 m, c’est-à-dire au niveau de 1910 », assure Eric Defretin, responsable du pôle de gestion de crises de la ville. Mais les experts considèrent que Paris n’est pas à l’abri d’une crue plus intense. En 1658, la Seine était montée jusqu’à 8,96 m ! Dans son livre Paris coule-t-il ? (éd. Fayard 2012), la géographe Magali Reghezza-Zitt souligne que les « murets des quais doivent être entretenus car avec le temps ils perdent leur étanchéité ». En cas de crue, ils pourraient céder et devenir un danger plutôt qu’une défense. Car le débit du fleuve peut tout emporter sur son passage.

L’auteure relève un paradoxe : Paris est mieux protégé mais la ville est beaucoup plus vulnérable. En 1910, la capitale comptait tout juste deux millions d’habitants et une banlieue beaucoup moins urbanisée. « Paris n’était pas aussi développée en termes de réseaux et d’infrastructures et la ville n’était pas aussi dépendante des technologies et de l’électricité », confirme Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux. Le sous-sol est devenu un gruyère, entremêlant galeries, tunnels, égouts, canalisations, parkings, caves, autant de passages dans lesquels l’eau s’infiltrera, fragilisant le sol, provoquant des effondrements.

Mais l’inondation sera aussi nourrie par la remontée de la nappe phréatique avec le risque de faire pression sur les murs des bâtiments et de provoquer des fissures. En temps habituel, des dizaines de pompes dans Paris rejettent de l’eau située sous les immeubles dans le fleuve, comme sous l’Opéra Garnier, sous le Musée du quai Branly ou dans le métro. Sans électricité, ces pompes ne fonctionneront plus.Dans le quartier new-yorkais de Breezy Point, le 14 novembre après le passage de Sandy.

Les autorités travaillent sur un plan de secours et un scénario de retour à la normale, « la résilience ». Le plan de crise sera activé quand les 5,50 m seront atteints sur l’échelle de référence, placée sous le pont d’Austerlitz. Le préfet prendra alors la commande des opérations. Deux cent cinquante partenaires de toute l’Ile-de-France ont été associés au dispositif. Les services publics, les mairies, les hôpitaux, la RATP, la SNCF ont élaboré des plans de continuité de leur activité.

MAINTIEN DES ASCENSEURS DANS LES MAISONS DE RETRAITE

« L’Etat civil, par exemple, doit fonctionner, même si la mairie est inondée, car les naissances et les décès ne s’arrêteront pas. Les ordures doivent être collectées, même si elles ne sont pas traitées. Il faudra assurer le maintien des ascenseurs dans les maisons de retraite », explique Eric Defretin. ERDF a prévu de redéployer mille groupes électrogènes pour assurer l’alimentation électrique des points stratégiques. Dans le secteur privé, les banques se sont engagées à installer des distributeurs mobiles d’argent liquide, la grande distribution de mettre en place des plateformes de vente des produits courants. L’armée sera mobilisée pour éviter les pillages.

Dans les premières heures de crise, les autorités françaises, s’inspirant de la gestion de Sandy à New York, comptent équiper les quartiers d’antennes relais mobiles pour communiquer avec les Parisiens grâce aux réseaux sociaux.

Pour protéger davantage Paris, des experts préconisent de construire un nouveau lac réservoir, la Bassée, pour absorber une crue de l’Yonne. Mais le débat, ouvert en 2001, n’a pas été tranché. Le projet est estimé à 500 millions d’euros. Une goutte d’eau par rapport au coût de la catastrophe annoncée.

Le supermétro nouvelle version se précise

Il faudra finalement attendre la mi-mars pour connaître les arbitrages de Jean-Marc Ayrault sur le Grand Paris Express. Mais une nouvelle mouture du projet se dessine d’ores et déjà.

La nécessité de réduire les dépenses sur le projet de supermétro, rocade destinée à désengorger les transports en commun autour de Paris, à l’aune de la crise économique, suscite l’angoisse chez les élus franciliens qui craignent que leur ligne ou leur gare n’en fasse les frais. Les nouvelles pistes proposées pourraient les rassurer… ou pas.
Un budget revu à la baisse. La dernière mouture du projet, qui devrait être remise par la ministre chargée du Grand Paris, Cécile Duflot, au Premier ministre dans le courant de la semaine prochaine, prévoit un budget de 26 Mds€ au lieu des 30 Mds€ initialement annoncés.
Le tracé et l’implantation des gares maintenus. Pas question pour autant de supprimer des gares ou de gommer une partie du tracé. Les 4 Mds€ d’économies se feraient sur une adaptation du projet selon les secteurs desservis. « Il n’est pas indispensable de faire du métro enterré partout », souligne une source proche du dossier.
Tram-train ou métro sur pneus. Ces deux alternatives permettraient là aussi, sur des portions de lignes ne nécessitant pas une très grande capacité, de réaliser des économies. Ces portions de lignes à « capacité adaptée » concerneraient Orly-Saclay (ligne verte) et Saint-Denis-Pleyel – Le Bourget-RER – Le Mesnil-Amelot, ainsi que Saint-Denis-Pleyel – Le Bourget-RER – Noisy-Champs (ligne rouge).
Les lignes de métro 14 et 11 prolongées. Ces aménagements permettraient de remplacer une partie des nouvelles lignes prévues. Ainsi, la ligne 11 étendue de Rosny-Bois-Perrier à Noisy-Champs éviterait l’exploitation en fourche prévue sur la ligne orange. La ligne 14 pousserait, elle, jusqu’à Orly au sud et jusqu’à Saint-Denis-Pleyel au nord.
La rocade de zone dense prioritaire. Le but de cette boucle proche de Paris est de décongestionner les transports franciliens. Elle concerne la partie Saint-Denis-Pleyel – Champigny-Centre de la ligne rouge et la partie Champigny – Saint-Denis passant par Rosny-Bois-Perrier de la ligne orange.
Un calendrier étendu. La réalisation du Grand Paris Express devrait s’étaler jusqu’en 2033, soit huit ans de plus que le programme initial (2025). Reste à trouver les financements. La société du Grand Paris ne pourra décrocher un emprunt qui si elle est dotée de ressources conséquentes. Pour cette question comme pour le reste, l’arbitrage revient désormais à l’Etat qui devra compter avec les réactions des élus locaux.
D’après Le Parisien, le 16.02.2013

Le projet de «vaporetto» parisien Voguéo fait naufrage

Catamaran VoguéoLe service public de navettes fluviales devait compter une trentaine d’escales en 2013. Mais le projet revient à 74 millions d’euros. Des élus souhaitent une nouvelle alternative.

Touché, coulé. Finalement, Voguéo tombe à l’eau. Mercredi prochain, lors d’un conseil d’administration, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) annoncera la mise à l’arrêt de son projet de bus flottants.
En principe, ce réseau de transport public fluvial aurait dû compter une trentaine d’escales disséminées entre Suresnes, à l’ouest, et Vitry et Maison-Alfort, à l’est. Trois lignes devaient ainsi voir le jour avant fin 2013. En principe seulement.
Car le projet se heurte en fait à un problème de taille: son financement. Début 2012, le coût avait été estimé à 25 millions d’euros. Aujourd’hui, il est évalué à… 74 millions. Trois fois plus que prévu. En clair, si le service public de navette fluvial, expérimenté entre 2008 et 2011, avait été maintenu, la collectivité aurait été obligée de débourser quelque 36 euros pour chaque passager montant à bord de Voguéo. Selon le rapport qui sera soumis au conseil d’administration du Stif mercredi, cela représente un surcoût de 600 millions d’euros sur dix ans. De quoi sans doute financer quelques rames neuves de métro ou de RER.
Comment l’enveloppe a-t-elle pu passer du simple au triple? Lancé en 2012, l’appel d’offres pour une délégation de service public avait attiré trois candidats: le groupe Veolia, les Bateaux-Mouches et Batobus. Mais seul ce dernier a finalement rendu un dossier, au budget explosif. «Le modèle économique proposé n’est absolument pas viable» reconnaît Pierre Serne, le vice-président (EELV) du Stif. «Mercredi, l’appel d’offres va donc être déclaré infructueux», conclue Julien Bargeton, l’adjoint au maire de Paris en charge des déplacements.

«Ce projet était un leurre»

Pour Laurence Douvin, administratrice (UMP) au Stif, rien d’étonnant à cette décision. «Le Stif a voulu faire plaisir aux élus du Val-de-Marne et à la mairie de Paris, mais, depuis le début, Voguéo, c’est du voyage d’agrément, pas du déplacement rapide pour des trajets domicile-travail. L’expérimentation avait déjà été arrêtée, faute de rentabilité. Aujourd’hui, la démonstration est faite que ce projet était un leurre.»
Depuis longtemps, la plupart des associations d’usagers des transports émettent des réserves sur l’intérêt de Voguéo, compte tenu de la limitation de vitesse à 12 km/h sur la Seine dans Paris et à 18 km/h en banlieue. Pas vraiment compétitif, rapporté au temps de trajet. Au Stif, on fait valoir que le service pourrait permettre des trajets «loisirs» et plaire aux utilisateurs habituels des bus.
Certains élus, en tout cas, croient toujours au projet malgré ce premier échec. «Je reste favorable à une desserte fluviale sur la Seine», déclare Pierre Serne. «L’idée est maintenue et la volonté de mettre en place ce service reste intacte», insiste également Julien Bargeton. Les deux élus déposeront d’ailleurs un amendement mercredi afin que soit relancé un nouveau groupe de travail pour «analyser ce qui n’a pas fonctionné et réfléchir à d’autres alternatives», annonce Julien Bargeton.
Voguéo, le retour? Pas sûr d’après Laurence Douvin, qui estime qu’«un nouvel appel d’offres donnera un résultat identique au précédent».
Quant aux voies sur berge transformées en lieu de promenade et que Voguéo avait vocation à desservir, «il y a d’autres transports collectifs, notamment le RER C dont les gares vont être réaménagées, avance Julien Bargeton. On verra aussi comment améliorer et prolonger la desserte des Batobus». Batobus, dont la proposition à 74 millions d’euros a contribué à l’abandon de Voguéo…

D’après LeFigaro.fr , le 10/02/13